Qui suis-je…

veronique-tinel-ecrivain-biographe-la-reole

Comment j’en suis venue à écrire pour vous.

J’ai emprunté trois sentiers qui m’ont, tous les trois et de concert, menée aux Récits de Vie :

– des études en Histoire qui ont été un tremplin vers les histoires,

– le savoir écouter,

– l’écriture.

De l’Histoire aux histoires

J’ai commencé mes études d’Histoire à l’Université François Rabelais de Tours, au cœur des châteaux de la Loire, je les ai poursuivies et terminées à l’Université Michel de Montaigne, à Bordeaux.

En Maîtrise (Master I actuel), j’ai travaillé sur le bâti de la paroisse Sainte-Colombe de Bordeaux à partir d’actes médiévaux dans le but de recenser les habitants, leurs professions, leurs lieux d’activité. Il me semblait percevoir, entendre, les bruits et les agitations du quotidien de ce quartier à travers les textes que je dépouillais. Cela me fascinait, je me sentais proche de ces gens qui avaient vécu des siècles avant moi dans ces rues, ce tout petit quartier bordelais aujourd’hui très animé. Il me semblait entendre les cris des vendeurs, les pas des chevaux sur les pavés, percevoir les odeurs des rues, les encombrements des minuscules ruelles qui longeaient l’église paroissiale disparue.

Puis j’ai mis dans mon escarcelle un DEA (diplôme d’Études Appliquées ou Master II) en Histoire et Civilisation Médiévales pour lequel j’ai étudié l’évolution topographique du bourg de Saint-Émilion à partir de documents pour recenser habitants et professions.

Ces dépouillements de documents ont éveillé en moi le désir d’entendre vivre ces habitants, j’avais comme soif de leurs petites histoires quotidiennes, quels que soient leurs horizons, leurs combats, les réponses à leurs recherches quotidiennes.

Mes études d’Histoire sur les bancs de la Fac ont nourri en moi la compréhension de l’importance du passé, qu’il soit celui, officiel, dont on fait l’Histoire avec un H, ou qu’il soit celui de tout un chacun. J’ai acquis la certitude que parler du passé et relater les petites histoires qui ont construit chacun d’entre nous, cela quelle que soit leur importance factuelle, ne maintient pas dans le ressassement, mais au contraire, aide à construire et à comprendre l’ancien, et donc assure nos pas sur le chemin qui est le nôtre.

Plus tard, au cours d’une étude du patrimoine des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle pour le compte du Département des Pyrénées Atlantiques et de la Drac Aquitaine en tant que Chargée de Mission, j’ai là encore ressenti cette étrange soif, ce désir d’entendre parler, marcher, vivre les pèlerins ou les habitants des villages que je traversais.

Le désir de vous écouter était bien ancré en moi.

Empathie et Savoir Écouter

Pour avoir leur place dans leur famille, certains ont dû apprendre à se faire entendre, et pour cela parler haut et fort. Rien de tel pour moi. Ma propre histoire m’a imposé d’apprendre à écouter, et plus encore, à anticiper ce qui allait être dit. J’ai dû développer un savoir écouter et une empathie nécessaire à la vie familiale. Disons que je suis tombée petite dans le chaudron du « savoir écouter ». Plus tard, j’ai développé cette aptitude en me formant à des techniques d’écoute et d’accueil des émotions. Toutes les personnes dont je recueille l’histoire n’ont pas besoin de cet espace d’écoute et d’accueil bienveillant, mais je suis en mesure d’accompagner discrètement et solidement ceux et celles qui peuvent en avoir besoin.

L’Écriture

L’écriture n’a pas toujours fait partie de ma vie. Elle y est entrée l’année de mes 32 ans !! Au détour d’ateliers d’écriture auxquels une amie m’avait invitée à participer. Je m’y suis rendue assidument, j’ai découvert en moi des fibres capables de vibrer.

Voilà 20 ans que je n’ai plus lâché la plume pour moi-même – il y a maintenant pléthore de cahiers dans mes tiroirs. Et surtout pour les autres, parce que je me suis découvert une aptitude certaine pour la structuration d’un récit. Don précieux lorsque mes interlocuteurs racontent leur histoire et leurs histoires dans un joyeux désordre, ce qui est assez fréquent !

Franchir le Pas vers les Autres

Lorsque ces trois sentiers se sont réunis, mon activité professionnelle s’est naturellement dessinée devant moi : avec le goût des histoires de chacun, le désir d’écouter, l’enthousiasme devant un récit à structurer… et à découvrir, parce que les histoires que je recueille peuvent trouver, une fois structurées, un sens et une teneur parfois différents de ceux de l’oral.

C’est en 2004 que j’ai franchi le pas et que je me suis installée en tant qu’écrivain-biographe sous le nom de Passeur de Mémoire puis de Porte-Plume. Ce métier était en train de naître si bien que j’ai eu une grande liberté pour l’inventer. Aujourd’hui, même si ce métier est connu et reconnu, cadré et encadré, chacun peut l’exercer selon sa personnalité et ses priorités.