Un faussaire dans la Résistance : témoignage et recherches historiques sur la Seconde Guerre

« Sur le fil de l’espoir – Biographie de Jean Stetten-Pigasse, faussaire résistant », paru en 2012, 298 pages.

Cet ouvrage a été publié par la famille en 2012 et préfacé par François Marcot, professeur d’Histoire à l’Université de Franche-Comté. Il est accessible au Musée de la Résistance de Besançon.

Les mémoires d’un Résistant de la Seconde Guerre. La préparation de cet ouvrage m’a demandé de longues recherches – à Lyon, Paris et Besançon, en archives, en bibliothèques, et auprès de témoins contemporains de l’auteur, ainsi qu’une forte dose de perspicacité pour démêler les événements de cette période très complexe.

Jean Stetten-Bernard est né en 1913 :

« Pendant très longtemps, j’ai refusé de raconter ce que j’avais vécu durant la Seconde Guerre parce que je ne voulais pas ressembler aux anciens combattants de 14-18. J’avais l’image des Anciens de la Grande Guerre qui radotent, répètent les mêmes histoires, parlent de la côte 304 alors que personne ne sait où la situer, et dépoussièrent de temps à autre le casque de Poilu posé sur la cheminée depuis des lustres. Je connaissais ainsi l’histoire de notre voisin par cœur : pensionné de guerre, invalide à cent pour cent, blessé de partout, un œil en moins… ce qu’il avait enduré était inimaginable, c’était un vrai héros. Il était couvert de décorations et était porte-drapeaux. Il se rendait presque quotidiennement au pied de l’Arc de Triomphe à l’heure où l’on ranime la flamme du soldat inconnu. C’est sans doute à cause de lui que j’avais renoncé à raconter la guerre que j’avais faite. Je ne voulais pas me scléroser dans ma propre histoire.

Et puis, je me suis rendu compte que les jeunes ne savent rien sur la Seconde Guerre, que ce soit les jeunes de ma famille ou les jeunes en général. Et je pense qu’on ne peut ni ne doit oublier dans quels bas-fonds l’être humain est capable de tomber. Je souhaite que ce récit contribue au souvenir.

Si j’ai voulu introduire ce récit par quelques pages sur mon enfance, c’est pour au moins deux raisons. D’une part, le milieu résistant dans lequel j’ai été pendant la guerre est lié à l’entourage politique que j’ai eu l’occasion de fréquenter avant la guerre. Il y a toujours eu des hommes politiques autour de moi. D’autre part, parce que le sentiment d’humanité qui devrait forger le cœur de chaque homme trouve sa source pendant l’enfance. Je pense que c’est à ce moment-là que se sont construites en moi une profonde confiance et la certitude, qui ne m’ont pas fait défaut pendant ces quatre années de guerre, que je faisais mon devoir non seulement de patriote mais surtout d’Homme.

« Pour Jean Stetten-Bernard qui a tant fait » Charles de Gaulle